La superstar américaine du tennis oppose aux détracteurs de ses choix capillaires, un message d’acceptation de soi qui défie les normes et pressions sociales.
« À toutes les jeunes filles noires qui ont des cheveux crépus comme moi, faites ce que vous voulez avec vos cheveux ». C’est par ces mots que Coco Gauff a choisi de répondre aux critiques visant son apparence.
Les remarques ont surgi en ligne après la publication, le 2 avril, des clichés d’une séance photo pour le sac Vivant de la maison Miu Miu. La championne y apparaît vêtue d’un haut rouge, d’une jupe plissée bleue, et de sa texture 4C naturelle attachée en queue de cheval ornée d’un ruban.
Une image qui a suffi à déclencher un déluge de commentaires jugeant sa coiffure « négligée » et peu adaptée à une campagne de luxe. Touchée, mais sans se remettre en question, la double lauréate de Grand Chelem a rappelé que son style capillaire ne changerait pas pour plaire aux autres.
Si ses cheveux 4C étaient assez bien pour figurer dans le lancement d’une collection Miu Miu, a-t-elle dit, alors quiconque partage ce type de texture devrait se sentir libre de les porter comme il l’entend.
Un choix dicté par la vie d’athlète
« Si vous voulez lisser vos cheveux, les défriser définitivement, les friser, faites-le. Si vous voulez porter une afro, portez une afro. Si vous voulez des tresses, faites des tresses. Si vous voulez des nattes collées, faites-en. Si vous aimez les cheveux tirés à fond, faites-le ; et si vous préférez simplement un chignon, mettez-les en chignon », a déclaré la joueuse de 22 ans, dans une vidéo TikTok.
Gauff explique, comme l’ont souligné plusieurs footballeuses britanniques dans une enquête de The Athletic l’an dernier, que ses décisions capillaires découlent avant tout de son quotidien sportif.
« Personnellement, je n’aime pas plaquer mes cheveux de façon ultra-lisse, car cela les abîme. Je joue au tennis, donc la plupart du temps, quand je les attache en chignon, je préfère les laisser tels qu’ils sont, dans leur texture 4C, parce que c’est ainsi que sont mes cheveux… Je ne veux pas les lisser au maximum, car ce n’est pas bon pour eux », confie-t-elle.
Un biais que la réussite ne dissipe pas
Au-delà du cas Gauff, cette controverse révèle la persistance d’un biais structurel envers les femmes noires, quel que soit leur statut ou leur succès.
Celles-ci s’entendent en effet dire depuis décennies — dans les salles de réunion, sur les terrains de sport, dans les campagnes publicitaires — que leurs cheveux naturels sont non professionnels ou inadaptés aux standards de représentation publique.
Simone Biles, Serena Williams, Venus Williams ou encore Gabby Douglas ont ainsi elles aussi vu leur apparence scrutée à des moments où seules leurs performances auraient dû compter. « Les femmes noires sont magnifiques. La texture des cheveux noirs — crépus, afro — est magnifique », insiste Coco Gauff.