Rachida Dati : un ratage monumental

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Donnée gagnante par tous les pronostics, l’égérie de la droite sort laminée des municipales parisiennes. Entre profil clivant, casseroles judiciaires et calcul politique raté, l’ancienne ministre de la Culture paie cash une campagne qui n’a jamais vraiment décollé.

« Je n’ai pas réussi à convaincre suffisamment que le changement était non seulement possible, mais surtout qu’il était nécessaire ». À elle seule, cette phrase extraite du discours de Rachida Dati au soir du second tour des élections municipales, résume l’aveu d’échec de la candidate de la droite à conquérir Paris.

Un revers particulièrement amer. Car, contrairement à 2022, l’ancienne garde des Sceaux bénéficiait cette fois d’atouts notables tels que le retrait de la candidate d’extrême droite Sarah Knafo et la fusion de la liste centriste de Pierre-Yves Bournazel avec la sienne.

À ce schéma arithmétique favorable, s’ajoute le momentum moins défavorable à la gauche. Comme l’indique Marcelo Wesfreid, journaliste politique au Parisien dans son décryptage, celle-ci accusait le poids de l’usure avec un bilan abondamment critiqué, fort de 25 ans de gestion de la capitale.

Le poids du profil, le poids du judiciaire

« Elle mérite la mairie de Paris parce qu’elle est la meilleure« , lançait d’ailleurs l’un de ses militants auprès du Huffington Post, quelques heures avant l’annonce des résultats. Mais  rien n’y fit. Dati est tombée de haut, échouant pour la seconde fois, à gravir les marches de l’Hôtel de Ville.

Avec 41,5 % des suffrages contre 50,5 % pour son adversaire Emmanuel Grégoire, la maire du 7ᵉ arrondissement a sans doute été victime de sa propre singularité.

D’après Marcelo Wesfreid, son franc-parler et son tempérament direct — qui lui ont valu une image forte sur la scène nationale — se sont retournés contre elle dans une campagne où l’esprit de rassemblement primait sur la confrontation.

Mais c’est sans doute le volet judiciaire qui a le plus pesé dans la balance. Mise en examen pour corruption passive et trafic d’influence dans l’affaire Carlos Ghosn, Rachida Dati doit affronter un procès en correctionnelle à la rentrée prochaine.

Un avenir politique largement compromis

Il n’en fallait pas davantage pour offrir à ses adversaires le prétexte de la dépeindre en personnage contesté sur le plan éthique. Le fait qu’elle ait dénoncé, dans son discours de défaite, des « attaques mensongères, indignes et inacceptables dans une démocratie » témoigne de leur impact durant la campagne.

La défaite est d’autant plus douloureuse que l’ex-magistrate avait quitté, quelques semaines auparavant, le gouvernement où elle occupait le portefeuille de la Culture depuis plus de deux ans, sur demande expresse du Premier ministre Sébastien Lecornu.

Se pose désormais la question de son avenir politique, dans un contexte où les règlements de compte ont déjà commencé. Pourra-t-elle – si tant qu’elle le veuille – maintenir sa position de chef de l’opposition à Paris ?

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