L’Italie, absente du Mondial pour la troisième fois d’affilée

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La Squadra Azzura a échoué à franchir les barrages qualificatifs face à la Bosnie-Herzégovine, au terme d’une rencontre dont le scénario dépasserait les plus grandes tragédies transalpines.

« Tous à la maison ! », « Partez tous ! ». Ce n’est pas tous les jours qu’une situation suscite l’unanimité au sein des trois principaux quotidiens sportifs italiens. Et pourtant, ce mercredi 1er avril, la Gazzetta dello Sport, le Corriere dello Sport et TuttoSport affichaient un même mot d’ordre en Une, à l’adresse des joueurs de la sélection nationale.

La raison ? L’Italie, battue aux tirs au but par la Bosnie-Herzégovine lors du barrage décisif, manquera une nouvelle fois le Mondial prévu cet été en Amérique du Nord. Un scénario qui, hélas, tend à devenir une triste habitude.

C’est en effet la troisième élimination consécutive pour le quadruple champion du monde, une première historique pour une nation d’un tel prestige. Jamais encore un ancien vainqueur n’avait enchaîné autant d’absences de suite sur la scène planétaire.

Et pourtant, la veille à Zenica, près de Sarajevo, tout semblait sourire aux Azzurri. Moise Kean, l’attaquant de la Fiorentina, avait ouvert le score d’une frappe clinique après une faute grossière du portier bosnien Vlasic.

Un tournant décisif

L’Italie semblait maîtriser son sujet, conservait l’avantage et voyait la qualification se rapprocher. Mais deux épisodes allaient bouleverser la rencontre : d’abord, un raté monumental de Kean, seul face au but, qui aurait pu sceller le sort du match à 2-0.

Puis, à la 41e minute, survint le tournant : Alessandro Bastoni, pilier de la défense italienne, fut expulsé, laissant son équipe à dix pour l’ensemble de la seconde période. Un sérieux handicap dans une rencontre où la moindre erreur coûtait cher.

À dix contre onze pendant toute la seconde période, l’Italie concède l’égalisation par Tbakovic à onze minutes du temps réglementaire, avant de s’incliner dans la séance des tirs au but. La suite ne fut qu’une succession d’instants cauchemardesques pour toute une nation.

Au-delà du scénario douloureux du match, le mal italien est bien plus profond qu’un carton rouge ou un penalty raté. Le véritable acte de décès de cette campagne de qualification a été signé bien avant ce barrage, lors des deux confrontations face à la Norvège.

Une crise bien plus profonde

En deux matchs contre les Scandinaves, emmenés par un Erling Haaland impérial, l’Italie a concédé sept buts. Un bilan défensif cataclysmique qui a contraint la Squadra Azzurra à passer par les barrages, là où tout peut basculer en une soirée. Celle-ci a effectivement basculé, dans le mauvais sens.

Les observateurs s’accordent à dire que le mal est systémique. La Serie A, malgré son prestige et son spectacle, est envahie par les joueurs étrangers, réduisant considérablement les opportunités pour les jeunes footballeurs italiens d’éclore au plus haut niveau.

Le vivier de joueurs formés localement s’amenuise d’année en année, et l’équipe nationale en paye désormais le prix fort sur la scène internationale. Une génération entière de supporters italiens n’a ainsi jamais vu leur équipe disputer une phase finale de Coupe du monde.

Comme le résumait TuttoSport, plein d’amertume : « Faire reset n’est jamais une solution, mais cela peut parfois servir de remède. »

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