Présidentielle : Valérie Pécresse, la grosse sortie de piste

France Politique

La candidate de droite s’est laissée aller, dans un récent meeting, à des considérations complotistes et identitaires sur l’immigration en France. Elle a depuis entrepris une opération de déminage face au tollé.

Ses soutiens s’attendaient sans doute à un grand redécollage de la campagne de Valérie Pécresse désormais talonnée dans les sondages d’opinion, voire dépassée par Éric Zemmour, dimanche 13 février. Ils ont plutôt eu droit à un grand chamboulement et pas dans le bon sens. Tant l’égérie de la droite s’est confondue à une candidate de l’extrême droit lors de son meeting au Zénith. Encore que même Marine Le Pen, tête de gondole de cette tendance politique en France, n’y va plus aussi frontalement sur des questions d’immigration.

Mais Pécresse ne semble plus rien s’interdire dans cette course élyséenne. En témoigne sa phrase sur le grand remplacement tout en distinguant les « Français de cœur » des « Français de papiers » devant 7 000 partisans. « La France n’est pas vouée au grand déclassement ni au grand remplacement« , a notamment affirmé la présidente de Libres !

Colère à droite, railleries à l’extrême

Mal lui en a pris. En reprenant cette théorie complotiste et raciste de l’extrême droite sur laquelle Zemmour a axé sa campagne, Valérie Pécresse a fait braquer les projecteurs sur son côté populiste. C’est la colère au sein même de son camp, Les Républicains dont elle porte l’étendard, ainsi que l’a révélé plusieurs informations de presse dès le lundi 14 février. BFMTV fait notamment écho d’une réunion pour le moins tendu entre la patronne du conseil régional d’Île-de-France et plusieurs cadres de la droite. Parmi eux, Jean-François Copé et Xavier Bertrand, qui se démarquent tous les deux de la ligne traduite par les propos de Pécresse au Zénith.

En face, l’extrême droite incarnée notamment par Zemmour, s’en donne à cœur joie. Son porte-parole Antoine Diers se gausse d’une candidate dite de droite qui n’hésite pas à « copier » l’extrême droite. Et d’en profiter pour appeler les déçus encartés au sein des Républicains à se rallier au camp du polémiste, ex-star de Cnews.

Rétropédalage

Le feu causé par le meeting du dimanche dernier est tel que l’instigatrice a dû enfiler une combinaison anti-incendie. Depuis, c’est la course dans les médias pour tenter de se rattraper d’une sortie malencontreuse à l’évidence. « La théorie du grand remplacement, je la combats », a-t-elle déclaré sur France 2, accusant ses adversaires de vouloir torpiller sa campagne.

Les prochains rendez-vous de l’ancienne conseillère de Jacques Chirac seront scrutés de très près. Elle s’est peut-être tirée une balle dans le pied le 13 février.

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