Le nouveau Spider-Man défie la mort à Taiwan

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L’Américain Alex Honnold a réalisé l’impensable en escaladant la tour Taipei 101, l’un des plus hauts gratte-ciel du monde, sans aucun dispositif de sécurité.

« Oh non non non ! » Le commentateur n’en croyait pas ses yeux lorsque, samedi 24 janvier dernier, au milieu de la clameur populaire, Alex Honnold, qui escaladait à mains nues le gratte-ciel Taipei 101 (508 mètres de haut), s’est soudain immobilisé, les mains dans le dos.

Cette séquence, suivie d’une autre où l’on voit le sportif poser tout sourire devant les photographes, ne constituait pourtant qu’un aperçu de ce dont cet Américain de 40 ans est capable dans le domaine des sports extrêmes.

Il ne lui a en effet fallu qu’une heure et demie pour atteindre le sommet de la tour de 101 étages. Un défi colossal, même pour les grimpeurs les plus expérimentés, que Honnold pensait relever en moins de deux heures et demie.

L’exploit impressionne d’autant plus que la prouesse, retransmise en direct sur Netflix, s’est déroulée en free solo, autrement dit sans aucune corde ni matériel de sécurité.

Un habitué des défis vertigineux

« Quand il grimpe sans les mains, ce sont de grands cercles parfaitement ronds. Ça effraie ceux qui n’y connaissent rien. Mais pour un grimpeur, ce n’est rien du tout », explique au Parisien le Français Alain Robert, 63 ans, qui a confié au Wall Street Journal (WSJ) avoir gravi plus de 200 édifices, parmi les plus hauts du monde.

Surnommé le « Spiderman français », Robert avait reçu en 2004 l’autorisation de gravir Taipei 101… mais à la corde, sous peine d’arrestation s’il s’y essayait en solo intégral. Un exercice de haut volt effectué alors qu’il « pleuvait des cordes ».

Il souligne que si la tour taïwanaise impressionne par sa taille, d’autres parois présentent des difficultés techniques bien supérieures, à l’instar d’El Capitan, falaise de 900 mètres du parc de Yosemite, rendue célèbre par le documentaire oscarisé Free Solo, qu’Honnold avait parcourue en 2017.

Contrairement à ce que les images pourraient laisser croire, la performance de l’Américain n’a rien d’un geste téméraire. Ken Carter, psychologue clinicien et professeur à l’université Emory, spécialiste des amateurs de sensations fortes, rejette ainsi dans les colonnes du WSJ, toute idée de «pulsion morbide ».

Un vieux rêve devenu réalité

Selon ses travaux, le cerveau de ces individus sécrète peu de cortisol — l’hormone du stress liée aux réactions de fuite ou de combat — et davantage de dopamine, associée à la satisfaction et à l’euphorie.

« Ils évoluent dans une zone qui leur permet de se concentrer et de rester lucides », confie-t-il, là où d’autres seraient tétanisés. L’idée de gravir un gratte‑ciel hante Honnold depuis l’enfance, comme l’explique le Wall Street Journal.

Il préparait cette ascension depuis 2013, date de sa première visite du site. Revenu récemment à Taïwan, il a affiné sur place chaque mouvement, étudié la façade centimètre par centimètre, identifié les prises possibles et peaufiné sa stratégie de marche.

« Je suppose que la plupart des gens vont être un peu mal à l’aise pendant toute la durée de l’ascension », confiait‑il quelques jours avant à Netflix, tout en espérant que les téléspectateurs partageront « un peu de [sa] joie », la beauté du paysage et le plaisir du geste.

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