Le dernier rapport dédié de la banque suisse UBS lève le voile sur le profil de ces grandes fortunes, les zones où elles se concentrent et les ressorts financiers à l’origine de leur enrichissement.
La France compte désormais 2,3 millions de millionnaires, un total en hausse continue d’année en année, selon le traditionnel rapport annuel Global Wealth Report d’UBS. Publié le 30 juin, il indique qu’au cours des douze derniers mois, environ 34 600 personnes ont franchi ce seuil symbolique dans l’Hexagone.
Le profil qui se dessine est celui d’une population relativement âgée, le plus souvent quinquagénaire ou plus, ce qui s’explique par une accumulation progressive du patrimoine au fil du temps.
Ces personnes aisées sont ou ont été chefs d’entreprise, cadres dirigeants, médecins ou encore banquiers. Autre enseignement notable relayé par l’Insee et cité par LCI, près de la moitié des couples concernés n’ont pas d’enfant, un facteur favorisant mécaniquement la constitution de richesse au sein du foyer.
Une concentration en région parisienne
Sur le plan géographique, la région parisienne concentre l’essentiel de ces patrimoines élevés, en particulier dans les quartiers les plus prisés de la capitale et de sa proche banlieue. Neuilly-sur-Seine arrive en tête, suivie par plusieurs arrondissements parisiens réputés pour leur standing, notamment les 7e, 8e, 16e et 6e.
Des communes aisées des Hauts-de-Seine, comme Le Vésinet ou Saint-Cloud, figurent également parmi les principaux pôles de richesse.
Seule exception notable à cette géographie très francilienne : Divonne-les-Bains, ville frontalière avec la Suisse prisée des travailleurs transfrontaliers et connue pour son casino, qui se classe en deuxième position.
Plusieurs facteurs expliquent la progression de ces patrimoines. Le premier, et sans doute le plus déterminant, reste l’immobilier, porté par une forte hausse des prix qui a largement bénéficié aux propriétaires de longue date.
Trois grands moteurs de l’enrichissement
À Paris, un appartement de 50 m² dans le 11e arrondissement, estimé aujourd’hui autour de 500 000 euros, valait environ 275 000 euros il y a vingt ans, soit une plus-value de plus de 220 000 euros sans intervention particulière du propriétaire.
Bordeaux a vu ses prix au mètre carré augmenter de 70% en dix ans, Rennes de 60% — notamment grâce à l’arrivée du TGV — et Nantes de 50%. Les zones de résidences secondaires suivent la même tendance, comme l’illustre l’île de Ré, où le foncier a grimpé d’environ 150% en vingt ans, sous l’effet de la rareté et d’une demande renforcée depuis la pandémie.
Le deuxième levier est la Bourse. L’an dernier, le CAC 40 a progressé de plus de 10%, ce qui a significativement accru la valeur des portefeuilles bien positionnés. Certaines entreprises ont enregistré des hausses particulièrement marquées, notamment Société Générale (+150%), ArcelorMittal (+68%) et Thales (+66%).
Enfin, le troisième facteur demeure l’héritage, qui continue d’alimenter une part importante du patrimoine des ménages les plus fortunés.