Roman Abramovitch au cœur d’une tentative de médiation Poutine-Zelensky

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Le nom de l’oligarque milliardaire est une nouvelle fois apparu dans le cadre des négociations de paix entre la Russie et l’Ukraine. Il bénéficierait même de l’aval de Kiev à cet effet.

Dans la guerre qui oppose la Russie et l’Ukraine depuis 2022, rares sont les personnalités capables de bénéficier de la confiance des deux camps. Roman Abramovitch semble appartenir à ce cercle restreint.

Selon le Financial Times, l’oligarque russe aurait servi d’intermédiaire entre Vladimir Poutine et Volodymyr Zelensky. Ce dernier aurait même reçu le milliardaire de 59 ans en tête-à-tête au palais présidentiel en mai.

À l’issue de cet échange, le président ukrainien lui aurait demandé de transmettre à son homologue russe sa disponibilité pour une rencontre « à tout moment et sous n’importe quel format ». Abramovitch serait reparti pour Moscou muni d’une lettre signée formalisant cette proposition.

Quelques jours plus tard, Zelensky a publié une lettre ouverte adressée à Vladimir Poutine, reprenant un message similaire. « N’ayez pas peur de sortir de cette guerre », peut-on y lire, dans un texte évoquant une armée « au bord du gouffre » et une société russe de plus en plus affectée par le conflit.

Une fenêtre diplomatique fragile

Si le président russe n’a pas donné suite à cette initiative, il a confirmé avoir chargé Abramovitch de se rendre à Kiev. De quoi accréditer la thèse selon laquelle cet homme d’affaires dispose de relais d’influence importants.

Né en 1966, il a bâti sa fortune dans le pétrole et la sidérurgie lors des privatisations russes des années 1990, avec l’appui initial de Boris Berezovski, oligarque devenu par la suite un opposant au Kremlin avant de mourir à Londres dans des circonstances controversées.

Abramovitch a, de son côté, suivi une trajectoire différente. Entre 2000 et 2008, il a occupé le poste de gouverneur du district autonome de Tchoukotka, dans l’Extrême-Orient russe, à la demande de Vladimir Poutine.

Ancien propriétaire du club de football Chelsea, il a ainsi évolué pendant plusieurs années dans l’orbite du pouvoir sans s’opposer frontalement au Kremlin.

Un équilibre entre deux sphères

« Il semble encore avoir l’oreille du président russe tout en ayant réussi à se forger une image très occidentalisée« , analyse Jenny Mathers, politologue spécialiste de la Russie à l’université d’Aberystwyth, interrogée par France 24.

Ainsi, il n’a jamais soutenu publiquement l’invasion de l’Ukraine, sans pour autant la condamner explicitement. Il ne s’est pas non plus inscrit dans les relais de propagande du pouvoir. Cette position intermédiaire lui a permis de naviguer dans un environnement où d’autres oligarques ont connu des destins plus tragiques.

Selon CNN, il aurait même tenté d’intervenir en faveur d’Alexeï Navalny, sans que cela ne lui attire de représailles. Ce profil singulier l’avait déjà conduit à jouer un rôle informel lors des premières négociations entre Moscou et Kiev à Istanbul en 2022.

Par ailleurs, Volodymyr Zelensky aurait lui-même demandé à l’administration Biden de suspendre temporairement les sanctions visant Abramovitch, afin de faciliter ses déplacements dans le cadre de ces efforts de médiation.

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