Les créateurs font barrage à la fusion Paramount-Warner Bros

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Pour ces figures d’Hollywood, cette opération contribue à réduire la diversité du paysage cinématographique et médiatique, au risque de laisser davantage de talents sans perspectives solides.

À l’heure où Paramount Skydance s’apprête à finaliser le rachat de Warner Bros. Discovery (WBD) dans les prochains mois, Hollywood se mobilise contre cette éventualité. Plus d’un millier de créateurs, scénaristes et réalisateurs dénoncent ce projet de fusion dans une lettre ouverte publiée lundi 13 avril.

À travers cette démarche, des personnalités comme Bryan Cranston, Joaquin Phoenix, Tiffany Haddish, Lily Gladstone, Yorgos Lanthimos, Emma Thompson, Ben Stiller, J.J. Abrams, Denis Villeneuve ou encore Elliot Page alertent sur les dangers de cette opération estimée à 110 milliards de dollars.

Selon le document, la transaction « renforcerait encore la concentration d’un paysage médiatique déjà dominé par quelques acteurs », entraînant « moins d’opportunités pour les créateurs et une réduction des choix pour les publics, aux États-Unis comme à l’international ».

Si l’argument économique de la consolidation peut séduire les investisseurs, les professionnels du secteur y voient une menace majeure. « Cet accord est fondamentalement anti-concurrentiel dans le domaine des fusions médiatiques. Il est néfaste pour tous, y compris pour les consommateurs », affirme l’un des signataires.

Une recomposition aux enjeux planétaires

Parmi les actifs les plus surveillés dans cette opération figure CNN, ainsi que sa branche internationale CNN International, diffusée dans plus de 200 pays. La chaîne d’information en continu, emblème du journalisme américain, passerait sous le contrôle de Paramount, déjà propriétaire de CBS, l’un des principaux réseaux hertziens aux États-Unis.

Ce regroupement éditorial soulève des interrogations majeures sur l’indépendance des rédactions et la diversité de l’information à l’échelle mondiale. Pour l’heure, l’issue de l’accord dépend encore du feu vert des autorités de régulation et de l’approbation des actionnaires des deux groupes.

Les parties prenantes affichent toutefois une certaine sérénité quant à l’aboutissement du projet. Cet optimisme s’explique notamment par une administration Trump jugée plus favorable aux fusions-acquisitions que la précédente. S’ajoute à cela la proximité bien documentée entre Paramount (via la famille Ellison) et la Maison-Blanche, parfois évoquée comme un facteur ayant contribué au retrait de Netflix du dossier.

Des résistances aux quatre coins du globe

« De plus en plus, un petit nombre d’entités puissantes décide de ce qui est produit, et selon quelles conditions , laissant aux créateurs et aux entreprises indépendantes moins de voies viables pour soutenir leur travail », écrivent les auteurs de la lettre.

La contestation s’étend également aux instances de régulation, sur plusieurs continents. Aux États-Unis, le procureur général de Californie a indiqué vouloir examiner le dossier de près et envisage sérieusement une action en justice pour bloquer l’opération.

Le régulateur britannique de la concurrence a, de son côté, annoncé l’ouverture prochaine d’une enquête formelle. La Commission européenne a également lancé ses propres investigations, en raison des répercussions potentielles de cette fusion sur plusieurs actifs médiatiques d’envergure mondiale.

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