Mauritanie : fin du calvaire pour Mohamed Ould Bouamatou ?

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Depuis l’élection de Mohamed Ould Ghazouani, on observe une lente décrue des tensions politiques en Mauritanie. Cette période de détente se caractérise par la libération de certains prisonniers d’opinion, le dialogue avec l’opposition et la réhabilitation d’exilés politiques. Parmi eux, Mohamed Ould Bouamatou, bête noire de l’ancien régime d’Abdel Aziz.

Un président plein de modération et de pondération

L’homme d’affaires mauritanien a vu sa situation s’améliorer ces derniers mois, grâce à l’esprit d’ouverture du nouveau président, Mohamed Ould Ghazouani. Dès son accession au pouvoir en juillet 2019, ce dernier a joué la carte de l’apaisement en recevant les figures les plus emblématiques de l’opposition, dont Biram Dah Abeid du mouvement anti-esclavage IRA. Le chef d’Etat les a longuement écoutées et comprises aussi. Ces personnalités politiques ont trouvé chez lui beaucoup de modération et de pondération. A nouveau, elles pouvaient participer à la vie politique de la nation mauritanienne.

Moustapha Chafi et Mohamed Ould Bouamatou, tous eux exilés, espèrent aussi profiter de cette démocratisation de la Mauritanie et bénéficier de mesures de clémence favorisant leur retour au pays. Les signaux sont-ils au vert ? Pour Mohamed Ould Bouamatou particulièrement, il y a des raisons d’y croire.

Le jeudi 12 décembre, un millier de personnes ont participé à un sit-in devant la présidence de la république pour exiger le retour des exilés politiques (journalistes, bloggeurs, artistes, hommes d’affaires etc.). « Ce président aujourd’hui, Mohamed Ould Ghazouani, il a commencé de faire une ouverture à tout le monde, il veut que tout le monde soit content et cette ouverture là, ça n’existe pas tant que les citoyens sont exilés. », avait interpellé l’artiste et ancienne sénatrice Malouma Mint El Meidah, qui a pris part à la manifestation.

Le pouvoir réhabilite Mohamed Ould Bouamatou

Le 27 décembre, le gouvernement a remis des distinctions à plusieurs patrons mauritaniens, dont Bouamatou. Par cet acte, le nouveau pouvoir réhabilite le banquier et lui dit merci pour services rendus au pays. A travers sa banque GBM, l’homme d’affaires a quasiment financé tous les secteurs économiques mauritaniens, de la banque, à la téléphonie, en passant par les assurances, la pêche, l’agroalimentaire, les mines, ou encore la construction.

Il a aussi œuvré dans l’humanitaire avec sa fondation pour l’égalité des chances et sa clinique ophtalmologique. Dans le même mois, le ministère des pêches et de l’économie maritime a ordonné la levée des mesures restrictives frappant la banque de Mohamed Ould Abdel Aziz.

Le 11 janvier, les autorités locales ont également assisté à l’inauguration d’une antenne de la Générale de Banque de Mauritanie (GBM), par Leila Bouamatou, fille du fondateur.

Ghazouani n’a aucun différend personnel avec Bouamatou

L’enchainement de tous ces évènements heureux, peut-il conduire à l’abandon très prochain des poursuites judiciaires contre Mohamed Ould Bouamatou ? Bien qu’on lui ait prêté cette intention en novembre 2019, Ghazouani a toujours répété qu’il ne pouvait influer sur le cours des décisions de justice, qui doit rester indépendante selon lui. Ainsi, Bouamatou demeure sous le coup de deux mandats d’arrêt internationaux émis par Mohamed Ould Abdel Aziz.

Comme le nouveau président n’a aucun différend personnel avec le banquier, et sachant qu’il s’est engagé sur un Etat de droit, il devrait prononcer une grâce présidentielle pour permettre le retour de Bouamatou. Ce dernier a d’ailleurs commencé à rénover sa maison. Est-ce un signe ?

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