Des volontaires au lit (photo ESA).

Agence spatiale européenne : des volontaires pour rester au lit afin de comprendre l’effet de l’apesanteur

Sciences Une

 

L’Agence spatiale européenne va mener plusieurs expériences pour simuler les conditions de vie des astronautes et comprendre l’effet de l’apesanteur sur leurs corps. Elle demandera à des volontaires de rester au lit sur de longues périodes. Une expérience qui n’est pas aussi facile qu’on le pense.

Le corps humain inadapté à l’espace

Vous avez toujours rêvé de rester au lit sans rien à faire ? Cette mission est peut-être faite pour vous. L’Agence spatiale européenne (ESA), en collaboration avec plusieurs instituts européens (français, allemands et slovènes), développe un programme d’alitement qui permettra aux chercheurs d’étudier la manière dont un corps humain réagit à la vie dans l’espace. Pour cela, elle invite les participants à ne pas quitter leurs lits pendant plusieurs jours, voire plusieurs semaines.

Le corps humain n’est pas adapté à la vie en apesanteur. Dans l’espace, le corps d’un astronaute perd en masse musculaire et densité osseuse. Ses différents fluides internes ont également tendance à migrer vers le cerveau. Comme y envoyer des personnes dans le seul but d’observer les effets du manque de gravité s’avère trop coûteux, l’ESA a décidé de simuler sur terre les conditions d’un vol habité.

La tête inclinée à 6° en dessous de l’horizontale

Les expériences d’alitement auront lieu sur les sites de Toulouse (France), Cologne (Allemagne) et Planica (Slovénie), sous une pression atmosphérique moindre, un peu comme dans les futures bases lunaires.

Les volontaires seront maintenus allongés avec la tête inclinée à 6° en dessous de l’horizontale. Au moins une de leurs épaules doit toucher le lit en permanence, y compris pendant les repas et la toilette. L’ESA effectuera également des tests en hypoxie (faible niveau d’oxygène), situation probable lors d’un vol spatial.

L’ESA va aussi mener une étude d’immersion sèche

Tous les sites disposent par ailleurs de centrifugeuses afin de permettre aux volontaires de ressentir une sorte de gravité artificielle, envisagée comme une solution pour l’atténuation de ces effets. « Notre objectif est de tester de manière définitive les mesures qui réduisent les effets indésirables de la vie en apesanteur », explique dans un communiqué Angelique Van Ombergen, coordinatrice scientifique pour la recherche sur les sujets humains à l’ESA.

L’ESA va mener une autre étude, dite d’immersion sèche. Elle installera des baignoires dans lesquelles les volontaires seront maintenus suspendus afin d’imiter les conditions qui règnent à bord de la Station spatiale internationale (ISS). Les premières expériences ne concerneront que des femmes pour lesquelles les résultats manquent cruellement.

Une partie de plaisir pour les volontaires ?

Si les futurs candidats pensent que ce sera une partie de plaisir, ils se trompent. Le plaisir de rester couché devrait s’estomper très rapidement, parce qu’il faut se soumettre à des prises de sang et même des biopsies musculaires. « Nous ne cessons de saluer les volontaires qui sacrifient leur vie quotidienne au bénéfice de l’exploration humaine », a déclaré Jennifer Ngo-Anh qui dirige l’équipe SciSpace à l’ESA. Il faudrait donc s’attendre à éprouver quelques inconforts.

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