L’incroyable histoire des sœurs Osborne

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Deux Britanniques de 49 ans ont passé toute leur vie en se croyant de véritables jumelles, jusqu’à ce qu’un test ADN vienne remettre cette certitude en cause. Leur cas, un des plus rares au monde, illustre un phénomène médical exceptionnel baptisé « superfécondation hétéropaternelle ».

Si vous pensiez avoir tout vu ou tout entendu, attendez de découvrir l’histoire de Michelle et Lavinia Osborne. Ces deux Britanniques de 49 ans ont récemment raconté à la BBC qu’elles sont jumelles… mais pas tout à fait.

Un test ADN réalisé il y a quelques années a mis au jour une vérité aussi rare qu’improbable : si les deux femmes partagent bien la même mère, elles n’ont en revanche pas le même père. L’histoire remonte à 1976, lorsque leur mère, alors âgée de seulement 19 ans, donne naissance aux deux petites filles à Nottingham.

Trop jeune et en grande difficulté, elle confie rapidement Michelle et Lavinia à des familles d’accueil. Les deux sœurs grandissent ainsi loin de leur mère biologique, dans un environnement précaire, sans vraiment connaître leurs origines.

À l’adolescence, un homme se présente en affirmant être leur père. Les jeunes filles acceptent cette version pendant des années, jusqu’à ce que Michelle commence à douter et à remettre en question ce récit familial.

Un phénomène médical rarissime

C’est cette intuition qui la pousse, en 2021, à effectuer un test ADN pour lever le voile sur ses véritables origines. Le résultat est sans appel : Michelle et Lavinia ont bien la même mère, mais leurs profils génétiques montrent qu’elles ne partagent pas le même géniteur.

Les deux sœurs incarnent un phénomène biologique extrêmement rare appelé « superfécondation hétéropaternelle ». Concrètement, cela signifie que leur mère a eu des rapports sexuels avec deux hommes différents dans un laps de temps très court au cours d’un même cycle, et que deux ovules distincts ont été fécondés par des spermatozoïdes provenant de pères différents.

Les embryons issus de ces fécondations se sont ensuite développés simultanément au cours de la même grossesse. Selon les données disponibles, seuls une vingtaine de cas de ce type ont été documentés dans le monde, et Michelle et Lavinia constituent le premier cas enregistré au Royaume‑Uni.

« Rien ne changera entre nous »

Cette rareté doit néanmoins être relativisée, car dans la plupart des situations, personne ne fait de test ADN pour vérifier la paternité de jumeaux, partant du principe qu’ils partagent automatiquement les mêmes parents biologiques.

Une étude citée dans la littérature médicale, menée par Wenk, Houtz, Brooks et Chiafari en 1992, suggère d’ailleurs que la superfécondation – et parfois la double paternité – serait plus fréquente qu’on ne le croit dans certains contextes impliquant des rapports multiples.

Malgré cette révélation pour le moins déstabilisante, Michelle et Lavinia assurent que leur relation n’a pas vacillé. « Nous sommes des miracles. Nous aurons toujours une complicité indestructible », a confié Lavinia à la BBC. Michelle, elle, résume en une phrase la force de leur lien : « C’est ma sœur jumelle. Rien ne changera ».

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